Projet d’Appui Scientifique aux processus de Plans Nationaux d’Adaptation au Sénégal

Le projet PAS-PNA, financé par le Ministère fédéral Allemand de l’Environnement, de la Protection de la Nature et la Sûreté Nucléaire (BMU), et mis en oeuvre par la Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) en collaboration avec Climate Analytics, se déroule au Sénégal où le partenaire principal est le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD). Le projet accompagne le gouvernement et les acteurs scientifiques dans la formulation, l’implémentation, le suivi et l’évaluation du processus PNA et implique des acteurs de la société civile et du secteur privé. Les objectifs principaux de ce projet consistent à renforcer les interfaces nationales entre la science et la politique et à accroître les capacités et l’efficacité de la conception du processus PNA à base scientifique au Sénégal et dans 12 autres PMA d’Afrique subsaharienne.

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Durée du projet
Mars 2016 – Août 2019

Ministère de tutelle
Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, MEDD

Contact
– Experte scientifique impacts climatiques et adaptation – Dakar, Sénégal
– Géographe environnementaliste – Assistante de projet – Dakar, Sénégal

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©Sebastián Losada

À propos du projet au Sénégal

Lors de la Conférence de Cancun sur le climat en 2010, les gouvernements des Parties se sont accordés sur le processus des Plans Nationaux d’Adaptation (PNA) pour réduire leur vulnérabilité aux changements climatiques et intégrer l’adaptation dans les processus et stratégies de planification du développement.

Le Sénégal, en conformité avec l’évolution des négociations internationales sur le climat, a lancé son processus PNA en 2015. Il vise à réduire la vulnérabilité du pays face aux incidences du changement climatique ; en renforçant ses capacités d’adaptation et de résilience ; et en facilitant l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans la planification du développement. Les acquis enregistrés au cours de ce processus portent notamment sur : (i) l’élaboration d’une feuille de route en 2015 avec toutes les parties prenantes, (ii) l’identification des secteurs prioritaires, (iii) la définition d’une approche sectorielle pour l’élaboration du PNA, (iv) la validation et la signature du PNA-pêche. C’est dans ce contexte que le Projet d’Appui Scientifique aux processus de Plans Nationaux d’Adaptation (PAS-PNA) a été initié grâce à la coopération entre l’État du Sénégal et la République Fédérale d’Allemagne.

Ce projet est financé par le Ministère fédéral Allemand de l’Environnement, de la Protection de la Nature, de la Construction et la Sûreté Nucléaire (BMUB), et mis en oeuvre par la Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) en collaboration avec Climate Analytics pour la période 2016-2019. Lancé officiellement en Avril 2017, le projet a pour objectif d’appuyer le gouvernement du Sénégal à travers le MEDD dans le processus de planification de l’adaptation aux changements climatiques des secteurs de l’agriculture, des ressources en eau et des zones côtières.

La nécessité que le processus PNA repose sur des connaissances scientifiques solides est exprimée de manière très explicite dans les Directives techniques pour le processus des plans nationaux d’adaptation du groupe d’experts des PMA (2012). Les mécanismes de financement internationaux dédiés au climat exigent désormais que la vulnérabilité aux changements climatiques soit clairement démontrée et évaluée par une expertise scientifique avérée et que les stratégies d’adaptation développées répondent de manière évidente aux impacts causés par la variabilité et les changements climatiques. Il est donc nécessaire de « prouver » la vulnérabilité climatique des secteurs de développement du pays et d’identifier des mesures d’adaptation concrètes basées sur des évidences scientifiques robustes.

La composante 2 du projet PAS-PNA envisage d’adresser ce défi par le renforcement des capacités scientifiques des différents acteurs au Sénégal pour la planification et la programmation de mesures d’adaptation. Plus spécifiquement, il s’agit d’accompagner les structures scientifiques nationales dans la réalisation de trois études de vulnérabilité, soit une étude pour chaque secteur prioritaire : agriculture, ressources en eau et zones côtières.

Grandes étapes

Phase préparatoire des études – Avril 2017 à janvier 2018

  • Sélection de trois secteurs : agriculture, ressources en eau et zones côtières
  • Etat des lieux de l’incorporation du changement climatique et la base scientifique dans les politiques et stratégies au niveau national et au niveau local
    Une analyse du contexte institutionnel et politique du changement climatique au Sénégal a également été effectuée. Elle comprend les éléments suivants :
    • Une évaluation du processus d’incorporation des informations scientifiques dans la formulation des politiques et stratégies ;
    • Une analyse de la prise en compte de la dimension changement climatique dans les politiques de développement locales de la région concernée par l’étude de vulnérabilité ;
    • Une analyse documentaire a été effectuée pour chacune de ces étapes méthodologiques et a été complétée par des entrevues menées au niveau national auprès des institutions pertinentes et au niveau local, auprès des instances de décentralisation.
  • Approche pour le renforcement des capacités scientifiques
    Il a été convenu avec les parties prenantes de constituer trois consortia de recherche (un consortium par secteur) regroupant les structures de recherche nationales (entre 10 et 15 structures par consortium), pour la réalisation des études de vulnérabilité. De plus, un comité de suivi des consortia a été formé avec des représentants de la société civile, du secteur privé, des différents services administratifs concernés au niveau national et local pour accompagner et superviser les études.

Par ailleurs, six jeunes chercheurs (post-docs) ont été recrutés : trois chercheurs ont été placés au sein de chaque consortium avec pour responsabilité de mener l’étude de vulnérabilité pour leur secteur et les trois autres sont responsables des dimensions sciences sociales, socio-économiques et climatologiques des études. Ainsi, le renforcement de capacités scientifiques permet à au moins six jeunes chercheurs d’acquérir une expertise pointue en matière d’analyse de vulnérabilité climatique qu’ils pourront ensuite reproduire dans le cadre d’études ultérieures.

Etudes approfondies de vulnérabilité – Février 2018 à janvier 2019

  • Etat des lieux des connaissances scientifiques
    L’état des lieux de la connaissance scientifique a permis d’une part d’avoir une idée claire sur la connaissance scientifique actuelle sur les impacts, la vulnérabilité, les options et les strategies d’adaptation disponibles au Sénégal pour les trois secteurs prioritaires. D’autre part, cela a permis d’identifier les lacunes sur la disponibilité et la fiabilité de l’information scientifique dans chacun de ces secteurs. En s’appuyant sur les deux états des lieux effectués, il a été possible de déterminer les informations supplémentaires que les les études de vulnérabilité par secteur doivent fournir.
  • Processus des études de vulnérabilité
    Les études de vulnérabilité sont menées par les consortia de recherche, et en particulier par les post-docs recrutés pour dix mois. Une fois que les vulnérabilités sont identifiées, il sera nécessaire d’identifier les options d’adaptation pour chaque secteur. La méthodologie d’identification a été développée par les consortia avec le soutien de Climate Analytics, et présentée au comité de suivi. A mi-chemin du processus d’étude de vulnérabilité, les consortia de recherche ont présenté et discuté les résultats préliminaires de l’étude avec les acteurs principaux lors d’un atelier. Lors de l’atelier final sur les études de vulnérabilité, les résultats finaux ainsi que les options d’adaptation retenues seront présentés et validés avec les différents acteurs. Finalement, des compte-rendus destinés aux politiques seront élaborés pour communiquer les résultats aux acteurs principaux (structures ministérielles nationales et acteurs locaux territoriaux). Des programmes TV et radio seront aussi produits pour informer les communautés locales.

Intégration des résultats scientifiques dans le processus de formulation du PNA – Janvier à avril 2019

Les résultats scientifiques des études de vulnérabilité seront intégrés au fur et à mesure dans le processus PNA à travers les différents ateliers organisés et rapports produits. Par ailleurs, les leçons apprises et les différentes approches développées conjointement avec la communauté scientifique nationale seront mémorisées à travers l’écriture d’un document de recommandations opérationnelles. Ce dernier constituera une base de connaissances qui formera la mémoire institutionnelle des procédures, méthodologies, indicateurs clés et résultats des études de vulnérabilité. Cela permettra aux acteurs nationaux de pouvoir répliquer ce type d’approche pour d’autres études de vulnérabilité, mais aussi d’effectuer un suivi de l’évolution de la vulnérabilité. Ainsi, une base de connaissances pour le processus d’adaptation sera créée et rendue accessible aux acteurs sénégalais.

Timeline du Sénégal

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Résultats à ce jour

Depuis plus d’un an maintenant, les activités suivantes ont été conduites :

À venir

Dans les mois à venir, les résultats suivants sont attendus :

  • Janvier 2019 : Rapports finaux sur les études de vulnérabilité et les options d’adaptation par secteur
  • Janvier – avril 2019 : Communication des résultats aux autorités politiques et aux communautés locales.

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