Projet d’Appui Scientifique aux processus de Plans Nationaux d’Adaptation au Burkina Faso

Le PAS-PNA, financé par le Ministère fédéral Allemand de l’Environnement, de la Protection de la Nature et la Sûreté Nucléaire (BMU), est mis en œuvre au Burkina Faso, sous la tutelle du Ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique (MEEVCC) à travers le Secrétariat Permanent du Conseil National pour le Développement Durable (SP/CNDD), par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), en collaboration avec Climate Analytics. Le projet accompagne le gouvernement et les acteurs scientifiques dans la formulation, l’implémentation, le suivi et l’évaluation du processus PNA et implique des acteurs de la société civile et du secteur privé. Les objectifs principaux de ce projet consistent à renforcer les interfaces entre la science et la politique au niveau national dans le domaine de l’adaptation aux changements climatiques et à accroître les capacités et l’efficacité de la conception du processus PNA basé sur des informations scientifiques au Burkina Faso et dans 14 autres PMA de l’Afrique subsaharienne.

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Durée du projet
Mai 2018 – Août 2019

Ministère de tutelle
Ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique

Contact
– Expert scientifique impacts climatiques et adaptation – Ouagadougou, Burkina Faso

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©Dr. Djibril S. Dayamba

À propos du projet au Burkina Faso

L’Afrique de l’Ouest sahélienne, comprenant le Burkina Faso, est une des régions les plus vulnérables aux changements climatiques. Le Burkina Faso est victime d’une hausse des températures plus rapide que la moyenne globale, de changements dans la répartition dans le temps des précipitations et de l’augmentation de l’occurrence des pluies extrêmes et de la durée des périodes de sécheresses. Dans un scénario de réchauffement global, même à un niveau modéré, toutes les parties de l’économie Burkinabé risquent d’être gravement impactées, avec les secteurs de l’eau, de l’agriculture, de l’élevage et de la foresterie considérés particulièrement vulnérables.

Au niveau international, lors de la Conférence de Cancun en 2010, les Gouvernements des Parties se sont accordés sur le processus des Plans Nationaux d’Adaptation (PNA) comme moyen pour les Pays les Moins Avancés (PMA) de recenser les besoins d’adaptation à moyen et à long terme et de définir des stratégies et programmes abordant l’adaptation aux changements climatiques. Le Burkina Faso a été le premier pays au monde à avoir adopté en 2015 son Plan National d’Adaptation (PNA), qui rassemble 6 plans d’adaptation sectoriels (agriculture, productions animales, environnement et ressources naturelles, énergie, santé, infrastructures et habitat) ainsi que des plans d’adaptation pour les questions transversales (associations féminines, organisations de la société civile et sécurité en eau).

C’est dans ce contexte que le Projet d’Appui Scientifique aux processus de Plans Nationaux d’Adaptation (PAS-PNA) a été initié grâce à la coopération entre l’État Burkinabé et la République Fédérale d’Allemagne pour renforcer les capacités de mise en œuvre du processus PNA. Ce projet a commencé ses activités au Burkina Faso en mai 2018, il est financé par le BMU et est mis en œuvre par Climate Analytics et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), sous la tutelle du Ministère de l’Environnement de l’Économie Verte et du Changement Climatique (MEEVCC) à travers son Secrétariat Permanent du Conseil National pour le Développement Durable (SP/CNDD) pour la période 2018-2019. Quatre champs d’actions sont prioritaires au niveau du PAS-PNA : (i) renforcer le cadre de gouvernance et intégrer l’adaptation dans les processus de planification du développement, (ii) fournir un appui scientifique au processus de formulation des Plans Nationaux d’Adaptation, (iii) faciliter l’accès des pays cibles aux fonds climat et (iv) mettre ses acquis à la disposition de tous les pays les moins avancés (PMA) de l’Afrique subsaharienne à travers une plateforme créée à cet effet.

Selon les Directives techniques du Groupe d’Experts des Pays les Moins Avancés (PMA), le processus PNA doit dorénavant reposer sur des connaissances scientifiques solides (CCNUCC, 2012). Ces connaissances scientifiques sont le focus de la composante 2 du projet PAS-PNA qui cherche à renforcer les bases et capacités scientifiques de plusieurs PNA sectoriels et transversaux, pour faciliter davantage la planification et la programmation de mesures d’adaptation. Il s’agit, entre autres, de réaliser conjointement avec des acteurs scientifiques et étatiques Burkinabé des études de vulnérabilité sur l’impact des changements climatiques sur les ressources en eau et l’économie, deux secteurs qui présentent des risques sérieux face aux changements climatiques.

Grandes étapes

Phase préparatoire des études – Mai à octobre 2018

  • Identification des secteurs prioritaires et du niveau d’analyse pour les études
    L’identification des secteurs ciblés par les études de vulnérabilité sous la composante 2 du projet a été faite lors d’une session de travail avec le SP/CNDD en mai 2018. Les études de vulnérabilité mettront le focus sur l’impact des changements climatiques sur les ressources en eau et l’économie au niveau national au Burkina Faso.
  • État des lieux politique
    Une évaluation des politiques et stratégies nationales a été réalisée en vue de définir dans quelle mesure elles intègrent des données et informations scientifiques relatives aux changements climatiques. Cette étude est basée sur une revue systématique des documents de politiques et stratégies d’adaptation et de développement (nationales et sectorielles) et une série d’entretiens avec des acteurs étatiques, scientifiques et de la société civile.
  • État des lieux scientifique
    L’état des lieux scientifique consiste à rassembler des informations scientifiques produites, disponibles et utilisées au Burkina Faso. L’accent est mis sur les connaissances et les données relatives aux impacts et à la vulnérabilité de l’économie burkinabé et des ressources en eau du pays. Il permet également d’identifier des lacunes en termes de disponibilité et de fiabilité de l’information scientifique dans chacun de ces secteurs. L’activité consiste en une série
    d’entretiens et réunions avec des experts dans le domaine, et une revue documentaire des études et bases de données existantes et utilisés au Burkina Faso.

Études approfondies de vulnérabilité – Octobre 2018 à mai 2019

Les discussions avec des experts et des parties prenantes clés ont révélé qu’en dépit d’un certain nombre d’études et de bases de données existantes, les effets du changement climatique sur l’économie burkinabé et ses sous-secteurs sont peu connus. De même, il existe plusieurs bases de données et études caractérisant et modélisant la disponibilité et la qualité des ressources en eau, mais il manque un aperçu ou des connaissances explicites des effets potentiels du réchauffement climatique sur les ressources en eau nationales.

C’est pour cela que les deux études de vulnérabilités approfondies mettent l’accent aussi bien sur l’analyse de la vulnérabilité actuelle (et passée) que sur la vulnérabilité future aux changements climatiques des ressources en eau et du secteur de l’économie du Burkina Faso. Elles visent à : (i) identifier les risques/aléas et les degrés d’exposition des éléments du système ; (ii) identifier les options d’adaptation pertinentes ; (iii) utiliser les résultats pour informer le processus du plan national d’adaptation (PNA) du Burkina Faso ; (iv) intégrer l’adaptation dans les plans de développement du pays. Les études de vulnérabilité sont menées par des chercheurs de Climate Analytics, spécialisés en modélisation d’impacts climatiques, conjointement avec un groupe d’acteurs étatiques et scientifiques avec des
expertises variées et complémentaires, principalement dans les secteurs de l’eau et de l’économie.

  • Approche des études
    Un des aspects les plus importants de l’approche de la composante 2 est la forte implication de la communauté scientifique nationale dans l’élaboration de la méthodologie et l’identification des bases de données et des sources les plus appropriées pour ces études. La composante 2 a également comme mission de renforcer la collaboration et les échanges entre les acteurs scientifiques, les acteurs étatiques, la société civile et le secteur privé autour des questions scientifiques de l’adaptation aux changements climatiques. L’approche pour la conduite des études de vulnérabilité a pour objectif de contribuer au renforcement des capacités scientifiques des différentes parties prenantes du pays, pour permettre de régulièrement mettre à jour les PNA et de développer les connaissances scientifiques pour
    servir de base à la planification de l'adaptation à long terme.
  • Ateliers techniques sur les études de vulnérabilité
    Pour garantir une forte implication dans la conduite des études d’un groupe d’acteurs étatiques et scientifiques avec des expertises complémentaires, principalement dans les secteurs des ressources en eau et de l’économie, plusieurs ateliers techniques auront lieu afin de rassembler les acteurs concernés et d’affiner avec eux la méthodologie (modèles et données utilisées) et le focus de ces études au niveau national. Ainsi, le premier atelier technique sur les études de vulnérabilité, organisé en octobre 2018, a eu pour but d’impliquer la communauté scientifique nationale dans l’élaboration de la méthodologie et l’identification des bases de données et des sources les plus appropriées pour les études. Plus spécifiquement, il s’agissait de rassembler l’expertise en climatologie ainsi que la communauté d’experts scientifiques en développement économique et ressources en eau au Burkina Faso pour (i) recenser conjointement les connaissances scientifiques existantes et les données ; (ii) identifier conjointement les lacunes dans les connaissances et les données et (iii) identifier conjointement et discuter sur les données et la méthodologie les plus appropriées pour une étude de vulnérabilité au niveau national dans chacun des deux secteurs. L’atelier s’est décomposé en sessions plénières et en sessions de travail en petits groupes afin de maximiser la participation et l’inclusion de chacun.

Intégration des résultats scientifiques dans le processus de formulation du PNA – Février 2019 à août 2019

Les résultats scientifiques des études de vulnérabilité seront communiqués aux acteurs politiques et intégrés au fur et à mesure dans le processus PNA à travers les différents ateliers organisés et les rapports produits. Par ailleurs, les leçons apprises et les différentes approches développées conjointement avec les acteurs étatiques et scientifiques leur permettront de répliquer ce type d’approche pour d’autres études de vulnérabilité, mais aussi d’effectuer un suivi de l’évolution de la vulnérabilité, afin de régulièrement mettre à jour et développer davantage la base scientifique servant pour la planification de l’adaptation à long terme par les acteurs burkinabé.

Timeline du Burkina Faso

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Résultats à ce jour

Depuis quelques mois maintenant, les activités suivantes ont été conduites :

  • Mai 2018 : Mission initiale et premières rencontres avec les parties prenantes du projet
  • Juillet 2018 : Mission pour la réalisation des états des lieux politique et scientifique (série d’entretiens)
  • Juillet-Octobre 2018 : Études de vulnérabilité préliminaires
  • Octobre 2018 : Premier atelier technique sur les études de vulnérabilité

À venir

Dans les mois à venir, les résultats suivants sont attendus :

  • Février 2019 : Atelier sur les résultats intermédiaires 
  • Mai 2019 : Atelier sur les résultats finaux 
  • Février à aout 2019 : Communication des résultats